Baromètre de l’attractivité belge

Comment les investisseurs étrangers perçoivent-ils la Belgique en tant que terre d’investissement ? Plutôt bien, montre la première partie du Baromètre de l’attractivité belge réalisé par Ernst & Young. Mais pour combien de temps ?

Ce n’est qu’une partie du rapport annuel réalisé par Ernst & Young sur l’attractivité belge qui vient d’être dévoilée. Celle mettant l’accent sur la perception de la Belgique par des investisseurs étrangers. La deuxième partie, qui devrait sortir sous peu, sera sans doute plus significative puisqu’elle mettra l’accent sur les investissements réellement projetés. Reste qu’il est toujours intéressant de savoir comment nous sommes vus depuis l’étranger.

Premier élément de réponse : pour huit investisseurs sur dix, la Belgique est toujours considérée comme un pays fiable qui finira par surmonter la crise. Mais à lire la suite, on se rend compte que l’image du plat pays n’évolue guère. Que ce soit en termes d’atouts ou de faiblesses.

Commençons par les atouts. Les transports et l’infrastructure logistique sont les points forts reconnus par 79 % des investisseurs interrogés. Tout comme l’infrastructure de télécommunications bien développée (75 %) et des travailleurs bien formés (74 %).

Côté points faibles, sans surprise, on retrouve la pression fiscale (72 %) et les coûts salariaux élevés (63 %). « Pas moins de 47 % des investisseurs sont d’avis que l’instauration d’une réduction des coûts salariaux est une nécessité absolue pour rendre la Belgique plus attractive, souligne Herwig Joosten, managing partner tax d’Ernst & Young Belgique. Un des points cruciaux à cet égard est sans conteste l’impact des récentes mesures (fiscales) du gouvernement Di Rupo. »

Et d’expliquer : « D’après les investisseurs, le gouvernement doit à présent s’atteler d’urgence à la sécurité juridique et à la stabilité du climat entrepreneurial. Les récentes modifications successives des lois, la réécriture de certains textes, la complexité de diverses modifications de loi, etc. sont autant d’éléments qui entraînent une incertitude et ne stimulent en rien l’entrepreneuriat. » Tout comme il serait urgent, selon lui, d’avoir un débat réaliste sur le handicap salarial non concurrentiel de la Belgique au niveau européen et sur l’effet qu’exerce l’indexation automatique des salaires sur celui-ci.

L’innovation, encore et toujours

Au niveau régional, 37 % des investisseurs interrogés pensent que la Flandre est la Région la plus attractive en matière d’investissements. Suivie de Bruxelles (28 %), malgré ses problèmes de congestion, puis de la Wallonie (10 %). Mais, comme le souligne Herwig Joosten : « Environ un tiers des investisseurs étrangers semblent méconnaître notre pays et ses différentes Régions. Qui plus est, la perception ne dit rien concernant les chiffres d’investissement réels. »

Conclusion : « Les Régions peuvent accroître leur attractivité en œuvrant à une culture d’innovation et de créativité. Elles peuvent aussi améliorer leur attractivité en instaurant des mesures de soutien à l’industrie high-tech et aux petites et moyennes entreprises. En tant que pays, atteindre la norme PIB 2020 proposée pour la recherche et le développement s’apparente à un véritable défi. »

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