De vraies boutiques pour les e-commerces ?

L’Association européenne de l’e-commerce et de la vente à distance (Emota) demande que la Commission européenne modifie un projet de règles de concurrence qui nuirait au commerce électronique européen et qui limiterait le choix des consommateurs.

Dans le cadre de la refonte de la réglementation européenne sur les « accords verticaux » – comprenez les accords de vente ou d’achat de biens ou de services conclus entre les entreprises opérant à différents niveaux de la chaîne de production et de distribution –, la Commission européenne envisage que les fabricants pourraient être autorisés à interdire la vente en ligne de leurs produits par une société qui n’exploiterait pas également une boutique physique avec pignon sur rue.
« Ce serait une atteinte à l’e-commerce, commente Marc Perin, directeur de BeCommerce, la Fédération belge des ‘distance sellers’. Internet n’est qu’un canal de distribution en plus. » « Il est primordial pour l’avenir de l’e-commerce en Europe que ces nouvelles règles soient modifiées, a réagi via communiqué Susanne Czech, secrétaire générale de l’Association européenne de l’e-commerce et de la vente à distance (Emota). Le commerce électronique et le commerce en boutique doivent être considérés sur un pied d’égalité. Le fait d’obliger un commerçant électronique à avoir un magasin physique ou le fait de limiter ses options de vente en ligne… C’en est trop ! Ces mesures conduiraient à réduire la concurrence, à limiter le choix des consommateurs et à faire augmenter les prix. En fin de compte, ce sont les consommateurs européens et les PME européennes qui seront perdants. »
Et d’ajouter que le projet actuel va à l’encontre de l’ambition de l’Europe visant à stimuler l’économie numérique et à encourager l’e-commerce transfrontalier. Pour Suzanne Czech, le fait de limiter l’accès au commerce sur internet nuira à la concurrence et aura un impact négatif sur la transparence du marché.

Un marché à développer

« Il faut entrer davantage dans l’e-commerce ». Au sortir d’une table ronde réunissant des représentants de Google Belgium et d’entrepreneurs wallons qui ont fait le pas du commerce en ligne, Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne, n’a pu que constater qu’en matière d’e-commerce, « les firmes wallonnes pataugent. » Il faut dire que l’hôte de cette réunion, l’entreprise Quatrième Dimension, est un bon exemple d’un business classique pratiqué de manière moderne, pour reprendre les mots d’Erik Portier, CEO de Google Belgique.
Spécialisée dans l’impression sur textiles, cette entreprise namuroise semble en effet avoir pu tirer le meilleur parti d’internet tant au niveau commercial qu’au niveau organisationnel.
Mais voilà, si on estime aujourd’hui à 90 % le nombre de PME wallonnes connectées à internet, et à 58 % celles qui disposent d’un site, elles ne sont que 12 % à utiliser l’e-commerce. « Des chiffres qui stagnent depuis 2004 », note encore Rudy Demotte. Et d’espérer que les initiatives telles que jesuisfantasTIC.be vont leur permettre de progresser et faire progresser l’économie wallonne.

L’e-commerce se porte bien

Selon les dernières statistiques de l’ASBL BeCommerce, l’e-commerce se porte bien en Belgique et de plus en plus d’achats se font via internet. En 2009, le nombre de transactions en ligne a augmenté de 20 % par rapport à 2008 et représente 705 millions d’euros. Cependant, comme le souligne l’association, l’e-commerce s’est mis en marche relativement tard en Belgique. Résultat des courses : 50 % des achats en ligne se font sur des sites étrangers.

Les Wallons et les TIC

Selon l’enquête 2008 de l’Agence wallonne des télécommunications (AWT) sur les équipements et les usages TIC en Wallonie, 34 % des Wallons de 15 ans et plus ont effectué des achats en ligne. Autre chiffre intéressant : 58 % de ces e-consommateurs achètent des produits ou services sur des sites étrangers. Enfin, 12 % des Wallons ont vendu des produits sur des sites d’enchères.
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