Entrepreneur motivé sinon rien… ou peu

À l’initiative de l’Agence de stimulation économique (ASE), GEM (Global Entrepreneurship Monitor) a présenté l’état actuel du taux d’activité entrepreneuriale wallon : stationnaire !

« Peu de Wallons sont attirés par l’entrepreneuriat et encore moins au titre d’indépendants », conclut GEM sur base d’une enquête menée par la Vlerick Leuven Gent Management School. Un constat dont même la Belgique ne parvient pas à relever le niveau si on compare notre pays à 54 autres États émanant ou non de l’Union européenne, sur base de chiffres récoltés en 2009.
Revenons à la Wallonie. Ce type d’analyse, déjà commandée en 2005 par Serge Kubla (MR) relayé depuis lors par Jean-Claude Marcourt (PS), ministre wallon de l’Économie, s’attache à étudier le taux d’activité entrepreneuriale (TEA). Celui-ci additionne le pourcentage de la population adulte qui est en processus de création d’entreprise et celui de la population impliquée directement dans la création d’une entreprise au cours des 42 derniers mois.
Clairement, les résultats engrangés au sud du pays ne sont guère reluisants : 3,5 %, soit un positionnement en queue de peloton par rapport à la moyenne des économies européennes affichée à 5,8 %. Pire, ce TEA n’a guère séduit depuis 2001, indiquant par là la difficulté de faire évoluer l’entrepreneuriat au cœur de l’économie wallonne, même si l’écart avec le reste du pays tend à se réduire.
Pour se consoler, il convient de remarquer que le niveau des entrepreneurs qui viennent de démarrer une activité (qui sont en train de…) est passé de 25 % en 2001 à 37 % en 2009. GEM y voit la conséquence de la mise en œuvre des dispositifs et organismes qui se sont multipliés pour faciliter la création d’activités (Banque-carrefour, amélioration du statut d’indépendant, réduction des formalités nécessaires à la création d’une entreprise, l’ASE elle-même…). La Wallonie n’en demeure pas moins la dernière de l’ensemble des pays européens.

Susciter l’envie

À quoi tient ce manque d’enthousiasme ? Plusieurs facteurs expliquent ce frein au passage à l’acte. D’abord les signaux négatifs envoyés par la population à l’égard de la réussite entrepreneuriale. Également le fait que peu de Wallons connaissent personnellement d’autres entrepreneurs : l’effet « réseau » manque. En outre, les Wallons perçoivent moins d’opportunités à exploiter que leurs voisins européens. Enfin, le taux d’entrepreneuriat féminin reste faible. A contrario, la peur de l’échec n’apparaît pas comme un obstacle et les Wallons semblent être confiants dans leur faculté d’innover.
Le problème se situe donc en amont de l’intention entrepreneuriale. L’une des solutions consisterait plus à encourager l’envie qu’à aider les entrepreneurs potentiels qui souhaitent le devenir de manière effective. Parmi ceux-ci, indique l’étude GEM, les Belges sont ceux qui ont une préférence marquée pour une activité professionnelle salariée par rapport à celle d’indépendant. Ici, ce choix les positionne en tête de peloton par rapport à leurs homologues de l’UE27.
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