Étiquetage des aliments: L’obligation reste raisonnable

Les denrées alimentaires préemballées devront porter, sur la face avant, la valeur énergétique et le pourcentage de graisses, de glucides, de sucre et de sel. Quand ? Pas tout de suite…

Le texte a été adopté en première lecture au Parlement européen, par 559 voix contre 54 et 32 abstentions. Il sera probablement soumis au Conseil des ministres en février 2011, avant son retour au Parlement pour une adoption définitive. Les grandes entreprises agroalimentaires auront alors trois ans pour s’adapter et les PME disposeront de cinq ans. Bref, ce n’est pas demain la veille que ces indications santé, en caractères d’impression d’une taille minimale de trois millimètres, figureront sur les emballages, mais le train est sur les rails.
Trois grands débats ont parcouru le Parlement avant le vote. Certains députés, écologistes notamment, auraient voulu, en plus de l’information brute, une appréciation et un code couleur : vert pour faible, orange pour moyen, rouge pour les concentrations élevées en graisses, sucres, sel… Cette proposition n’a pas été retenue car les seuils ont un côté arbitraire et varient selon les individus. En revanche, l’obligation d’indiquer le pays d’origine du produit a été retenue pour toutes les viandes, les produits laitiers, les fruits et les légumes et « tous les produits ne comportant qu’un seul ingrédient. »

Artisans épargnés

Il était aussi question d’imposer l’étiquetage sur tous les produits et pas uniquement les préemballés. En Belgique, le Conseil supérieur des indépendants et des PME (CSIPME) s’est insurgé contre cette intention. Pour son président, Christophe Wambersie, qui est aussi le secrétaire général de l’UCM, « cela entraînerait non seulement un surcroît de travail pour les PME mais contraindrait aussi les boulangeries, les boucheries et les restaurants à utiliser dans leurs préparations des ingrédients préemballés au lieu d’ingrédients frais. En effet, les entreprises artisanales préparent des repas non standardisés et les recettes et ingrédients utilisés varient souvent de jour en jour. Si le Parlement européen reprend les produits alimentaires non préemballés dans la proposition, la diversité des spécialités régionales s’en trouvera fortement réduite, limitant ainsi les possibilités de choix du consommateur. Pour les mets non préemballés, le consommateur ne s’attend pas à recevoir les mêmes informations détaillées qu’il reçoit lorsqu’il se procure des denrées alimentaires préemballées. S’il a des questions, il peut les poser à l’artisan. »
Le message a été reçu cinq sur cinq. Les denrées non préemballées sont exclues du champ de la directive.
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