La crise fait très mal

La Wallonie se sort bien de la crise ? Par comparaison avec d’autres régions, oui, sans doute. Mais son impact sur une économie qui allait déjà cahin-caha est rude, disent ensemble employeurs et syndicats.

Le Conseil économique et social de la Région wallonne (CESRW) réunit les partenaires sociaux. Il publie chaque année un rapport sur l’état de la Wallonie. Celui de cette année est évidemment marqué par la crise.
La Wallonie a souffert et souffre encore de pertes d’emplois sévères. Seul le secteur de la santé et de l’action sociale a vu son nombre de postes de travail augmenter en 2009. Les exportations ont subi un recul historique. Les faillites explosent. Les pouvoirs publics accumulent les déficits. Tout cela a des conséquences très concrètes : chômage en hausse (+ 2,7 %), chômage temporaire en explosion (65.000 personnes, + 48 % !), investissements des ménages en recul (- 23 % d’achats de maisons, – 3,2 % de voitures neuves), surendettement en progression (+ 2,6 % d’insolvables), tout comme le nombre de bénéficiaires du « revenu d’intégration sociale » (ex-minimex, 40.942 personnes, + 0,4 %).

Triste contexte

Dans la tourmente de la crise, il est très difficile de voir si certaines données fondamentales de l’économie s’améliorent ou non, si la Région a une chance de sortir plus forte de l’épreuve. Un élément positif est l’état de la recherche-développement. Les dépenses sont supérieures à la moyenne belge et européenne et réalisées pour les trois quarts dans les entreprises. Elles sont concentrées dans certains secteurs de pointe (pharmacie, télécommunications, aéronautique et spatial). Elles risquent aussi de ne pas déboucher sur de nombreux emplois car le déficit en métiers techniques s’annonce dramatique. À peine 14 % des jeunes Wallons suivent une filière scientifique, pour une moyenne européenne de 23,3 % ! Le niveau d’instruction global est d’ailleurs trop bas, avec un bouleversement historique : les jeunes filles sont dorénavant plus diplômées que les garçons. La question des zones d’activité économique, cruciale pour le développement des entreprises, semble enfin prise en compte. Depuis 2004, le stock de terrains disponibles a peu évolué, alors que les besoins sont estimés à 4.000 hectares d’ici 2024. Le gouvernement a décidé de mobiliser 5.000 hectares avant 2020.

Léthargie

Pour le reste, les partenaires sociaux portent un regard sévère sur l’action, ou plutôt l’inaction, des ministres régionaux. « On ne voit pas bouger grand-chose », estime Marie-Anne Belfroid, qui préside à la fois l’UCM et, pour deux ans, le CESRW. « Le gouvernement wallon ne brille pas par sa productivité, dit en écho Thierry Bodson (FGTB). Les efforts de redéploiement économique semblent en veilleuse. Le plan Marshall 2.vert doit permettre d’engager 1,6 milliard en cinq ans, il n’y a que 100 millions prévus cette année. »
« La situation budgétaire est abominable, explique Charles Istasse, responsable de la branche wallonne de l’UCM. Il faut constater que seules des réallocations sont possibles et que ça risque de durer trois ou quatre ans. » En attendant, constate tristement Jean-Pierre Dawance, secrétaire général du CESRW, « nous n’avons reçu que quatre demandes d’avis depuis la mise en place du gouvernement, soit en sept mois, alors que nous en recevons normalement une quarantaine par an. »
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