La SPRLS, un faux espoir ?

Depuis le premier janvier, un entrepreneur peut créer une SPRL Starter (SPRLS), société séparée de son patrimoine privé, avec un capital de seulement 1 Euro. Le gouvernement espère ainsi susciter d’avantage de créations d’entreprises. Toutefois, il faut se garder de croire à un tel leurre.

Même si dans d’autres payes européens il est possible de créer des sociétés avec un capital faible ou nul (France ou Angleterre), le porteur d’un projet d’entreprise se doit de doter  sa société d’un capital suffisant pour faire face aux premières dépenses en période de démarrage (frais de notaire et de publicité, achat d’un minimum de matériel, financement du fonds de roulement). Le plan financier que l’entrepreneur préparera avec un professionnel du chiffre devra d’ailleurs démontrer que la société dispose des ressources nécessaires pour réaliser son activité.

En outre, la société se trouvera en position de faiblesse dès qu’elle devra faire appel à un financement externe, car sa faible capitalisation rendra les  prêteurs  particulièrement  réservés
à son égard.

Enfin, le futur entrepreneur doit réaliser que, dans un délai de 5ans, un effort de capitalisation plus important lui sera demandé s’il opte pour une SPRLS au lieu d’une SPRL classique : le capital d’une SPRLS devra atteindre 18.550 Euro après 5 ans, alors que dans le cas d’une SPRL normale avec au moins deux actionnaires, le capital versé initialement, de 6.200 Euro,  ne doit pas être augmenté par la suite. Seules les meilleures SPRLS seront capables de générer aussi rapidement les bénéfices nécessaires pour éviter une injection plus importante de capitaux. Le timing de cette mesure est également malencontreux. En période de crise économique, faire croire à la possibilité d’entreprendre sans moyens  financiers est un mauvais message. Les entreprises ont besoin de capitaux pour affronter les moments difficiles. Le créateur d’une entreprise starter, dont l’expérience est habituellement limitée, peut moins facilement prévoir les difficultés qu’il rencontrera. La capitalisation plus importante de son entreprise lui permettra d’augmenter les chances de succès et d’éviter l’impact douloureux d’un échec

Par ailleurs, nous observons que bien des PME se retrouvent étranglées suite à une augmentation des factures  impayées. Il convient d’éviter de créer des conditions propices à l’augmentation du nombre de mauvais payeurs. Il en va de la survie de notre tissu économique.

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