Le défi des plus de 50 ans: Pas simple de relancer les aînés

Le chômage baisse en Wallonie, sauf pour les plus de 50 ans. Le ministre de l’Emploi, André Antoine (CDH), veut donc pour eux une politique ciblée. Qui commence par le maintien à l’emploi…

En Wallonie, 22 % des demandeurs d’emploi inoccupés, soit plus de 51.000 personnes, ont plus de 50 ans. C’est la seule catégorie de chômeurs dont le nombre augmente : + 2,7 % en un an.

La raison essentielle est la difficulté pour eux de retrouver un poste de travail. Leur retour à l’emploi est de 8 % par an, pour 34,3 % en moyenne pour l’ensemble des demandeurs d’emploi inoccupés. Cela s’explique par certaines caractéristiques relevées chez ces demandeurs d’emploi, notamment un niveau de qualification faible et une inertie forte. Beaucoup deviennent donc des chômeurs de longue durée.

Pour ne pas céder à la fatalité, il est important de préserver et d’optimiser les capacités des travailleurs plus âgés. Si le diplôme est essentiel pour les jeunes, les quinquas, eux, disposent d’un atout de poids: l’expérience professionnelle. Elle doit être entretenue et valorisée. Une inactivité de plusieurs mois peut mettre la personne hors course, particulièrement dans certains secteurs.

Or, en Wallonie, 4 % à peine des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans suivent une formation chaque année. Les femmes s’orientent vers les compétences transversales (développement personnel), mais également vers la gestion et le secrétariat ou le secteur non-marchand. Les hommes, quant à eux, choisissent davantage les métiers du transport, de la logistique et de l’industrie. Même si certains suivent des formations complémentaires à leur qualification de base ou choisissent une reconversion totale, il faut constater qu’une partie des formations suivies sont liées au développement personnel, avec un rapport ténu à l’emploi. Il ne suffit donc pas de prôner l’accès à la formation des demandeurs d’emploi de plus de 50 ans, encore faut-il le cibler adéquatement…

Alternatives

La question du taux d’emploi des plus de 50 ans ne se limite pas à la réinsertion sur le marché du travail de ceux qui ont perdu leur boulot. La meilleure manière d’augmenter significativement ce taux est tout simplement de les maintenir dans l’emploi.

Pour ce faire, les organisations patronales avancent différentes pistes : modification des règles en matière de prépension et de retraite, diminution des coûts salariaux pour cette tranche d’âge, flexibilité au sein de l’entreprise pour alléger la pénibilité de certaines tâches, soutien aux initiatives de tutorat qui permettent le transfert des compétences…

Par ailleurs, l’autocréation d’emploi est aussi une opportunité qui doit être présentée aux quinquas. Forts de leurs expériences, certains peuvent se révéler d’excellents consultants ou chefs d’entreprise. Or, selon les chiffres du Forem liés à l’accompagnement dans les cellules de reconversion, moins de 5 % des réinsertions des quinquas se font dans l’emploi indépendant. Il y a, à tout le moins, matière à réflexion sur ce point et pourquoi pas, à actions.

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