Professions libérales: Elles répondent à la mutation de la société

Les professions libérales sont depuis plusieurs années en pleine expansion. Attractivité, féminisation, mutation de la société sont des facteurs qui peuvent expliquer le phénomène.

D’après l’Inasti, la Belgique comptait 228.142 titulaires de profession libérale (tous statuts confondus). Elles représentent ainsi presqu’un quart (24 %) des travailleurs indépendants. En d’autres termes, près d’un indépendant sur quatre est un titulaire de profession libérale.

Si on remonte un peu dans le temps, on constate que sur les quarante dernières années, le secteur des professions libérales n’a cessé de se développer à une vitesse beaucoup plus rapide que les indépendants dans leur ensemble. Alors que le nombre d’indépendants chute de 13,4 % des années 1970 à 1980, les professions libérales progressent de 12,2 % sur la même période. Au cours des années 1980 à 1990, elles atteignent un pic historique avec 63,9 % de croissance, alors les indépendants ne progressent eux que de 9,8 %. Pendant les années 1990 à 2010, elles continuent toujours d’évoluer, enregistrant 47,5 % de progression au cours de la dernière décennie, contre 17,6 % pour les indépendants.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette extraordinaire croissance. Tout d’abord, la démocratisation des études. Pratiquement tous les métiers relevant du secteur des professions libérales requièrent une formation de haut vol, qu’elle soit universitaire ou de l’enseignement supérieur de type long. Ces études sont plus accessibles aujourd’hui à Monsieur et Madame Tout-le-Monde qu’il y a 30 ans. En effet, de nos jours, tout jeune qui a son diplôme d’humanités en poche peut s’inscrire dans une université ou une haute école sans trop de difficulté. C’était moins le cas il y a 30, 40 ans.

Plus de femmes et moins de « manuels »

Un deuxième facteur permet d’expliquer cette hausse : la féminisation. Depuis les années 80-90, les femmes sont plus nombreuses à se lancer dans des études universitaires ou supérieures et à les réussir. On ne peut que s’en réjouir. Dans certaines professions, comme chez les dentistes par exemple, la proportion entre hommes et femmes est quasiment parfaite avec 52 % d’hommes pour 48 % de femmes.
Les professions libérales jouissent aussi d’une très bonne réputation et sont de ce fait attractives. Certaines d’entre elles ont encore un certain prestige aux yeux du public (avocat, notaire, médecin…) qui s’imagine que ces professions nagent dans l’opulence. Ce n’est plus vrai pour tout le monde, mais les métiers manuels ont moins de succès auprès des jeunes que des professions réputées plus lucratives et moins pénibles physiquement.
On constate enfin une mutation de la société. La société industrielle de production a fait place petit à petit à une société orientée vers le service aux personnes. Or, bon nombre de professions libérales exercent ce type d’activité. C’est notamment le cas des professions paramédicales (kiné, infirmier, logopède…), qui enregistrent une hausse de 40 % sur les dix dernières années.
Au vu de ces éléments, il est indéniable que les professions libérales représentent un secteur important, qui plus est en constante augmentation. Il s’agit donc d’un acteur incontournable tant sur le plan économique que social, qui doit recevoir une écoute particulière et légitime.
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