Valoriser l’expérience, c’est possible

Reconnaître les compétences acquises par la pratique et l’expérience, voilà le concept de la validation des compétences. C’est accessible à tous et cela donne une valeur officielle au savoir-faire acquis sur le tas.

Il n’y a pas que l’école ou les filières officielles de formation. Bon nombre d’indépendants et de salariés acquièrent une maîtrise, un savoir-faire professionnel en dehors des circuits traditionnels d’enseignement. Le système de « validation des compétences » permet de faire reconnaître officiellement et gratuitement cet acquis. Ce mécanisme est complémentaire au système de certification scolaire. Il s’est développé en Belgique sous l’impulsion européenne. En effet, reconnaître des compétences acquises via l’expérience ou via des formations continuées est une pratique habituelle depuis plusieurs années dans de nombreux pays européens (France, Pays-Bas, Grande Bretagne, Portugal, Finlande…) et dans le monde (Canada, Japon, Nouvelle-Zélande…).

En pratique

Le principe est le suivant : chaque personne, à partir de 18 ans, peut se présenter à une épreuve de validation pour obtenir un titre de compétence délivré au nom de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Commission communautaire française. Le titre est reconnu par les services publics de formation et de placement (Forem, VDAB, Actiris).

Il ne s’agit pas d’évaluer des connaissances théoriques mais bien des compétences, un « savoir-faire ». L’épreuve de validation peut attester de la maîtrise d’un métier dans son ensemble, mais elle peut aussi être divisée en différentes unités de compétence qui attestent de la maîtrise d’une partie du métier. On est dans la pratique, c’est du cas par cas. Les avantages sont multiples. Il faut insister sur le fait que ces titres de compétence sont officiels. Ils garantissent des compétences et peuvent donc être présentés lors d’un entretien d’embauche. Vu la nature des compétences validées jusqu’à présent, ils ne peuvent pas (encore ?) ouvrir la porte pour un accès à la profession.

Le contenu de l’épreuve de validation des compétences est élaboré par des professionnels du secteur. L’implication étroite des partenaires sociaux et des secteurs permet de coller aux réalités des métiers concernés. Ils peuvent aussi baliser l’organisation de formations supplémentaires (par exemple en vue d’un accès à la profession) en permettant de voir clair dans les modules proposés et de définir des dispenses de cours pour les compétences validées. Les formations complémentaires peuvent, grâce à ces titres, s’individualiser et devenir plus courtes et plus efficaces.

Un élément dans un plan d’ensemble

L’UCM soutient et s’implique dans le mécanisme de validation des compétences, mais ce ne peut être qu’un système supplétif. Il ne peut pas servir de prétexte pour négliger le travail en amont, dans l’enseignement; pour améliorer l’acquisition de compétences techniques et professionnelles et rapprocher le monde de l’école de celui des entreprises. La validation des compétences ne produira des effets tangibles que si elle s’inscrit dans une visée large en termes de contenu (multiplication des secteurs concernés…) mais aussi d’acteurs concernés (coordination entre les différents niveaux de pouvoir…). C’est une réponse partielle, mais utile, à la question cruciale de l’employabilité des demandeurs d’emploi. Ceux-ci ont une chance supplémentaire de prendre leurs responsabilités et de démontrer leur motivation et leur savoir-faire.

Faciliter le recrutement, reconnaître les savoirs acquis, construire et sécuriser des parcours qualifiants, promouvoir l’identité professionnelle : voilà ce que la validation des compétences peut apporter et qui justifie le soutien que l’UCM apporte au système, même si sa mise en place est délicate et suscite certaines réticences.

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